La brouette-logo au centre, le potager et les jardiniers à gauche, le chapiteau rouge et jaune à deux mâts et les enfants à droite

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Vie de la ferme · 24/10/2026

Entre permaculture et méthode Fortier...

Cultiver sans dogme !

Au potager, il existe beaucoup de façons de faire… et rarement une seule bonne réponse. À la Ferme Potagère Bio, nous nous inspirons notamment de la permaculture et du maraîchage biointensif popularisé par Jean-Martin Fortier. Nous en retenons des idées, des outils et des repères, sans chercher à appliquer une méthode à la lettre.

Notre fil conducteur : cultiver des légumes de qualité, prendre soin du vivant et construire une organisation qui reste à taille humaine.

La permaculture : observer avant d’agir

La permaculture ne se résume ni à cultiver sur des buttes, ni à mettre de la paille partout. C’est d’abord une manière de réfléchir aux relations entre les éléments d’un lieu : le sol, l’eau, les plantes, les animaux… et les personnes qui y vivent et y travaillent.

Observer, comprendre, essayer, puis ajuster : cette démarche nous parle particulièrement. Où le soleil arrive-t-il en premier ? Quels endroits gardent plus longtemps l’humidité ? Comment circuler dans le jardin ? Une solution intéressante commence souvent par une question toute simple.

L’observation, la diversité et l’adaptation au contexte occupent une place importante dans les principes de la permaculture. Ils invitent à concevoir un jardin en fonction du lieu plutôt qu’à reproduire partout la même recette.

L’approche Fortier : organiser un potager productif à taille humaine

Jean-Martin Fortier a largement contribué à faire connaître un maraîchage biologique capable de produire sur de petites surfaces, avec une organisation précise et des outils adaptés.

Son approche s’appuie notamment sur des planches de culture permanentes, des plantations qui se succèdent au fil de la saison et une attention portée à la fertilité du sol. Les espaces cultivés et les passages sont clairement distingués, ce qui permet notamment de limiter le piétinement des zones de culture.

Cette recherche d’organisation nous intéresse : anticiper les semis, réfléchir à la place des cultures, préparer les récoltes et éviter les gestes inutiles. Produire des légumes demande du soin, mais aussi du temps, de l’énergie et une certaine régularité.

Prendre soin du jardin, c’est aussi prendre soin des personnes qui le cultivent.

À Pélasque, nous faisons dialoguer les deux

Ces approches ne sont pas deux camps opposés. Elles partagent une attention au sol et au vivant, tout en apportant des éclairages différents sur la manière de concevoir et de conduire un jardin.

Ici, nous choisissons de les faire dialoguer : l’observation et la réflexion d’ensemble nourrissent l’organisation du travail ; l’expérience quotidienne vient, à son tour, interroger nos idées.

Nous cultivons à Pélasque Supérieur, dans la vallée de la Vésubie. Une pratique doit donc trouver sa place dans notre terrain, notre climat, nos possibilités et nos besoins. Ce qui fonctionne ailleurs peut nous inspirer, mais mérite toujours d’être confronté à la réalité du lieu.

Sans dogme, mais avec une direction

Cultiver sans dogme ne veut pas dire travailler au hasard. Cela signifie garder la possibilité de questionner une habitude, de modifier une technique ou de reconnaître qu’un essai n’a pas donné le résultat attendu.

Une méthode peut être utile sans devenir une règle absolue. Un outil peut faciliter le travail sans répondre à tous les besoins. Et une difficulté peut nous apprendre quelque chose, à condition de prendre le temps de la regarder.

Nous cherchons cet équilibre entre respect du vivant, qualité des récoltes, viabilité de la ferme et plaisir de cultiver. Avec des réussites, des ajustements et, parfois, quelques surprises : le jardin n’a pas toujours lu les mêmes livres que nous !

Un potager pour nourrir et transmettre

Le potager est aussi un lieu de découverte et de partage. Avec les enfants accueillis sur le lieu, il permet de relier des gestes simples à des questions essentielles : de quoi une plante a-t-elle besoin ? D’où vient ce que nous mangeons ? Pourquoi ne récolte-t-on pas tout, toute l’année ?

Observer une graine qui germe, mettre les mains dans la terre ou goûter un légume fraîchement récolté donne une autre dimension à ces questions.


Notre envie n’est pas de défendre une méthode parfaite, mais de faire grandir un jardin vivant, nourricier et accueillant. Un jardin qui évolue avec celles et ceux qui en prennent soin.

MikA