La brouette-logo au centre, le potager et les jardiniers à gauche, le chapiteau rouge et jaune à deux mâts et les enfants à droite

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Vie de la ferme · 26/10/2026

À Pélasque, on ne cultive pas que des légumes…

On cultive aussi des enfants… Enfin, on leur offre un peu de terrain pour grandir !

 Pas question de les planter en rangs, de leur tirer sur les oreilles pour qu’ils poussent plus vite ou d’attendre qu’ils soient tous du même calibre. Ici, les différences font plutôt partie de la richesse du jardin. 😉

À Pélasque Supérieur, la Ferme Potagère Bio partage le lieu avec l’association Uto’Pistes. Le potager, le chapiteau et la vie au grand air composent un même paysage. On y cultive de quoi manger, mais aussi des occasions d’apprendre, de créer, de rencontrer les autres et de découvrir ce dont on est capable.

Notre intention tient en quelques mots : « Contribuer à nourrir les ventres, les cœurs et les esprits. »

Offrir les conditions pour grandir

Un jardinier ne décide pas à la place d’une graine de la manière dont elle va pousser. Il prépare le terrain, observe, accompagne et ajuste ses gestes.

Avec les enfants, la comparaison a bien sûr ses limites, mais elle nous parle : grandir demande de l’attention, du temps et un environnement dans lequel on se sent suffisamment en sécurité pour essayer.

Nous cherchons à offrir ce cadre : des repères clairs, des adultes présents, une place pour chacun et le droit de ne pas savoir faire tout de suite. Un enfant peut être très à l’aise pour prendre la parole et hésiter devant une assiette de légumes inconnus. Un autre peut rester discret dans le groupe, puis se révéler lorsqu’il s’agit de prendre soin d’une plantation ou d’inventer un numéro.

L’enjeu est de permettre à chacun de trouver ses appuis, de faire ses expériences et d’avancer à son rythme.

Du potager au chapiteau : le même droit d’essayer

À première vue, une carotte et un diabolo n’ont pas grand-chose en commun. Pourtant, le cirque et le potager nous invitent souvent à développer les mêmes qualités.

Il faut observer. Regarder comment une plante réagit, sentir où se trouve son équilibre, remarquer ce qui change après un geste.

Il faut recommencer. Une balle tombe. Un semis ne lève pas comme prévu. On cherche ce qui a pu se passer, on essaie autrement et on découvre que la difficulté peut aussi nous apprendre quelque chose.

Il faut accepter le temps. On ne récolte pas juste après avoir semé, et l’aisance sous le chapiteau se construit rarement en quelques minutes. Les progrès sont parfois discrets, avant de devenir visibles.

Et puis, il y a ce petit moment de fierté : réussir un mouvement qui semblait impossible, reconnaître un légume dans le jardin, apporter à la cuisine quelque chose que l’on vient de récolter.

Faire pour de vrai

Au potager, les gestes ont une conséquence concrète. Arroser, récolter, transporter ou préparer les légumes permet de comprendre que l’on participe à quelque chose d’utile.

Sous le chapiteau aussi, chacun contribue à une création commune. Un spectacle se construit avec des idées, des essais, du matériel à préparer et de l’attention aux autres. Il y a ce que l’on fait sur scène, mais aussi tout ce qui permet au groupe d’y arriver.

Cette participation traverse la vie quotidienne : préparer un repas, mettre la table, faire la vaisselle, prendre soin des espaces partagés…

Les enfants ont une place dans la vie du lieu. Ils peuvent agir, proposer et constater que leur contribution compte, avec des responsabilités adaptées à leur âge et accompagnées par les adultes.

Apprendre à faire ensemble

Un jardin est un bon endroit pour découvrir que tout ne dépend pas de soi. Il faut tenir compte du vivant, de la météo et des personnes avec qui l’on partage le travail.

La vie collective et le cirque prolongent cet apprentissage : écouter une proposition, attendre son tour, demander de l’aide, encourager quelqu’un ou trouver une solution lorsque les envies diffèrent.

Cela passe aussi par des désaccords, de la fatigue et des moments où l’on a besoin de souffler. Les temps de parole permettent de mettre des mots sur ce que l’on vit, d’entendre d’autres points de vue et de chercher comment continuer ensemble.

Coopérer se découvre et s’apprend dans les situations du quotidien.

Nourrir les ventres, les cœurs et les esprits

Le lien entre le jardin et l’assiette rend beaucoup de choses tangibles. Un légume a poussé quelque part. Il a demandé du temps et des soins. Quelqu’un l’a récolté, puis quelqu’un l’a cuisiné.

Partager le repas donne une autre dimension à cette histoire : on goûte, on échange, on découvre parfois qu’un aliment que l’on pensait ne pas aimer peut réserver une surprise.

Le cirque nourrit lui aussi à sa manière : il ouvre un espace pour l’imagination, l’expression, le mouvement et le plaisir de créer. Le jardin invite à la curiosité et à l’attention. La vie collective permet de se sentir relié aux autres.

À Pélasque, nous aimons que ces expériences se répondent.

Un lieu où chacun peut prendre sa place

Au fond, nous ne cherchons pas à « fabriquer » des enfants plus performants. Nous souhaitons leur permettre de mieux se connaître, de gagner en confiance, de prendre soin d’eux-mêmes et des autres, et de découvrir le plaisir de faire ensemble.

Certains repartiront avec l’envie de jongler. D’autres regarderont les petites bêtes autrement, oseront davantage demander de l’aide ou voudront préparer un repas à la maison. Et beaucoup emporteront surtout des souvenirs, des rencontres et quelques fiertés personnelles.

Alors oui, à Pélasque, on fait pousser des légumes… et l’on essaie de créer de bonnes conditions pour que les enfants grandissent aussi. Chacun à sa façon.

Pour découvrir les colonies, le projet éducatif et la vie de l’association : Bienvenue chez Uto’Pistes...

MikA

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