La brouette-logo au centre, le potager et les jardiniers à gauche, le chapiteau rouge et jaune à deux mâts et les enfants à droite

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Vie de la ferme · 24/10/2026

Un pied dans la terre, l’autre sur la piste...

MikA

Entre la terre et la piste

Tu veux savoir qui je suis ? Je pourrais te répondre en deux mots : maraîcher circassien. Ça ferait sérieux. Presque carte de visite.

Mais je suis surtout un homme qui a toujours un pied dans la boue (enfin quand il pleut) et l’autre sur un tapis de cirque.

D’un côté, il y a la terre. La vraie, celle qui colle aux bottes, noircit les ongles et rappelle régulièrement que l’on ne décide pas de tout. Au potager, ma journée commence avec les yeux : je regarde les feuilles, la couleur des plants, l’humidité sous le paillage. J’essaie de comprendre avant d’intervenir.

On sème sans garantie. On arrose sans contrat. Et l’on continue parce qu’un matin, une petite tige verte perce la terre comme un bonjour minuscule. Alors, même en faisant le costaud, on sourit tout seul au milieu des rangées.

La terre m’apprend la patience et l’humilité. On peut faire tout « comme il faut » et rater quand même. Et parfois, alors que l’on croyait avoir raté, quelque chose pousse.

De l’autre côté, il y a le cirque. Le mouvement, le trac, le vertige et ce moment où il faut se lancer. Être circassien, c’est accepter de tomber, de recommencer et d’avancer avec des jambes qui tremblent comme deux poireaux mal plantés.

Sur la piste, la confiance se construit dans le corps. Elle se construit aussi avec les autres : un partenaire attentif, une main tendue, une massue lancée au bon moment. Et quand une figure passe enfin, il y a ce grand souffle de joie qui récompense tous les essais précédents.

Le cirque m’apprend l’audace, la présence et le plaisir de partager. Offrir quelque chose de soi, avec sa concentration, ses maladresses et son vrai rire quand tout ne se passe pas comme prévu.

Moi, j’ai choisi de ne pas choisir. La terre m’ancre. Le cirque me fait décoller. À Pélasque Supérieur, je cultive ce lien entre le potager et le chapiteau, entre le temps long des saisons et l’intensité d’un instant sur la piste.

J’aime aussi transmettre ces deux univers. Avec Uto’Pistes, les enfants découvrent qu’on peut apprendre autant en récoltant un légume qu’en cherchant son équilibre. Dans les deux cas, il faut essayer, observer, prendre soin et laisser du temps.

Je suis un maraîcher qui fait des métaphores parfois trop longues. Un circassien qui rate des figures. Un homme qui se trompe, ajuste et continue d’apprendre.

Et surtout, un homme qui aime voir grandir : les plantes, les projets et les personnes.

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Tant qu’il restera un bout de terre à cultiver, une toile de chapiteau à tendre et des occasions de s’émerveiller, je continuerai. À semer, à créer et à faire pousser du vivant, dans les jardins comme dans les cœurs.

MikA